Journal / Coulisses de fabrication
Pourquoi je préfère fabriquer mes cosmétiques plutôt que les acheter
Je pourrais entrer dans une parfumerie.
Acheter une crème.
Rentrer chez moi.
Et vivre très heureuse.
Sauf que…
J'ai un TDAH.
Et mon cerveau ne fonctionne visiblement pas comme ça.
Lui, il veut savoir.
Pourquoi cette crème est plus légère qu'une autre ? Pourquoi cet actif est utilisé à 2 % et pas à 5 % ? Pourquoi cette texture est si agréable ? Pourquoi cette formule est stable ? Pourquoi ce conservateur plutôt qu'un autre ?
Bref.
Au lieu d'acheter un cosmétique… je finis avec quinze onglets ouverts sur la chimie des émulsions.
Mon cerveau adore démonter les choses
Quand quelque chose me plaît, je ne peux pas me contenter de l'utiliser.
Je veux comprendre comment il est fabriqué. Quels ingrédients le composent. À quoi ils servent. Ce qui se passe si on les remplace. S'il existe une meilleure solution.
Et avant même de m'en rendre compte… je suis devenue une petite chimiste.
Derrière un simple soin se cache une montagne de science
Quand on regarde un pot de crème, on voit un produit fini.
Moi, je vois :
- une phase aqueuse
- une phase huileuse
- des émulsifiants
- des humectants
- des épaississants
- des conservateurs
- des actifs
- le pH
- la stabilité de la formule
- la compatibilité entre les ingrédients
Et soudain… faire une crème devient beaucoup plus amusant que simplement l'utiliser.
Trouver LE bon actif
C'est probablement ce que je préfère. Lire des études. Comparer des ingrédients. Comprendre leurs mécanismes d'action. Chercher celui qui répond exactement au problème que j'essaie de résoudre.
J'ai parfois l'impression d'être une détective de la cosmétique.
Ma dernière obsession : une brume rafraîchissante pour les sportives
Comme je suis aussi coach sportive, je passe beaucoup de temps à observer ce qui manque réellement aux femmes qui s'entraînent.
On parle énormément de nutrition. De récupération. De compléments alimentaires. Mais beaucoup moins de la peau.
Pourtant… la transpiration n'est pas toujours la meilleure amie du visage. Le sel, les frottements, la chaleur, les bactéries, les résidus de crème solaire ou de maquillage peuvent fragiliser la peau lorsqu'on enchaîne les séances.
Alors mon cerveau a immédiatement commencé à faire ce qu'il adore. Chercher. Comparer. Lire. Tester. Imaginer une formule.
Quels actifs pourraient apporter une sensation immédiate de fraîcheur ? Lesquels aideraient à respecter la barrière cutanée ? Comment obtenir une texture agréable sans laisser de film collant ?
Et me voilà repartie dans une nouvelle hyperfixation.
Le même réflexe qui me pousse à décortiquer une formule de crème, c'est celui qui finit dans chaque création de la boutique.
Voir les créationsLe vrai plaisir, ce n'est pas le produit
Évidemment que j'aime utiliser ce que je fabrique.
Mais, comme souvent avec mon TDAH, le plus amusant reste le chemin. Chercher. Comprendre. Formuler. Tester. Modifier. Recommencer.
Chaque nouvel essai m'apprend quelque chose. Et honnêtement, j'adore ça.
Mon TDAH adore transformer les passions en projets
Avec le recul, je remarque un schéma qui revient sans cesse. Je ne me contente jamais d'avoir un loisir. Je veux comprendre tout l'écosystème.
La culture du cannabis est devenue une passion pour la physiologie végétale. Les bijoux m'ont fait découvrir la galvanoplastie, les métaux, les pierres et les techniques de fabrication. L'intelligence artificielle est devenue un terrain de jeu immense. Et les cosmétiques… un laboratoire miniature.
Je crois que mon cerveau aime moins les objets que les systèmes qui se cachent derrière eux.
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Le problème, c'est qu'on ne choisit pas ses passions
Si vous avez un TDAH, vous savez sûrement de quoi je parle.
On ne décide pas de devenir passionné. Le cerveau décide tout seul. Un matin, il choisit un sujet. Et pendant des semaines, voire des mois, il ne pense plus qu'à ça.
Jusqu'au jour où… il trouve un nouveau terrain de jeu.
Et finalement, ce n'est peut-être pas si mal. Parce que grâce à ces hyperfixations, j'ai appris la formulation cosmétique, la création de bijoux, le référencement, les intelligences artificielles, la photographie, le coaching sportif… et probablement une centaine d'autres choses dont je n'aurais jamais imaginé parler un jour.
Être TDAH, c'est parfois épuisant.
Mais c'est aussi avoir un cerveau qui transforme la moindre curiosité en véritable aventure.
