Journal / TDAH & créativité
TDAH : quand mon impulsivité a failli mettre Madonna à la porte
S'il y a une chose que mon TDAH m'a appris sur moi, c'est que je peux encaisser énormément de choses… jusqu'au moment où je suis confrontée à une injustice.
Et là, c'est terminé.
Je ne parle pas d'une simple contrariété. Je parle de cette montée instantanée, presque physique, qui te traverse quand quelque chose te paraît profondément injuste. Et ce soir-là, c'était Madonna.
Une soirée Madonna qui dérape
Je travaillais dans un établissement où se déroulait l'aftershow du concert de Madonna. L'ambiance était particulière : beaucoup d'exigence, peu de retombées concrètes pour nous — aucun contenu exploitable, aucune photo à publier, donc un retour sur investissement quasi nul pour l'équipe.
Dans ce contexte, une de mes amies était présente et tenait absolument à rester. Pour moi, c'était simple : si elle restait, tout allait bien. Si elle devait partir, je n'étais pas prête à laisser passer ça.
C'est là que la situation a basculé.
L'entrée du chef de la sécurité
Je passe par la cuisine pour rejoindre le premier étage privatisé, et je me retrouve face au chef de la sécurité. Le genre de personne particulièrement imbuvable, dans une posture de contrôle total, qui veut nous faire sortir sans discussion.
Et là, quelque chose s'active en moi.
Je commence à monter dans les tours.
Pas parce que je cherche le conflit. Mais parce que je ressens une injustice immédiate : pourquoi traiter les gens comme ça, sans explication, sans nuance, sans respect ?
Je lui explique alors très clairement la situation : si mon amie ne peut pas rester, je coupe la musique. Et dans ce cas, il faudra expliquer à sa patronne que la fête est terminée.
C'était impulsif, frontal, et totalement guidé par l'émotion du moment.
Le dénouement inattendu
Et là, contre toute attente, le chef de la sécurité me regarde.
Il sourit.
Un sourire très “américain”, presque décalé par rapport à la tension de la scène.
Et il me répond simplement, en anglais :
« Passez une excellente soirée. »
Fin de l'échange.
Aucune confrontation supplémentaire. Aucune escalade. Juste un désamorçage total là où j'étais prête à foutre tout le monde dehors.
Ce que cette scène dit du TDAH et de l'injustice
Avec le recul, cette situation est presque un cas d'école.
Une montée émotionnelle immédiate
Le cerveau TDAH ne laisse pas toujours le temps à l'analyse. L'émotion arrive avant la réflexion. L'injustice perçue déclenche une réaction instantanée.
Une impulsivité défensive
Face à une situation jugée injuste, le besoin de protéger ou de rétablir l'équilibre prend le dessus sur tout le reste, y compris les conséquences.
Une perception très binaire
Dans l'instant, il n'y a pas de nuance : soit c'est acceptable, soit ça ne l'est pas. Et si ce n'est pas acceptable, il faut agir.
Une hyperréactivité sociale
Le comportement du chef de sécurité, perçu comme autoritaire et méprisant, a suffi à amplifier encore la réaction émotionnelle.
Cette même intensité, une fois canalisée, c'est aussi ce qui finit dans chaque création de la boutique.
Voir les créationsEt après ?
Ce genre de moment laisse toujours une trace.
Pas parce que la situation était grave en soi, mais parce qu'elle illustre parfaitement ce mécanisme interne : cette difficulté à rester en retrait quand quelque chose semble injuste.
Avec le temps, j'ai appris à reconnaître ces montées.
Pas à les supprimer.
Mais à essayer de gagner quelques secondes entre l'émotion et l'action.
Parce que parfois, comme ce soir-là, la vie désamorce elle-même ce que notre impulsivité aurait pu enflammer.
Et que tout se termine simplement par :
« Passez une excellente soirée. »
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